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ADORABLES

Solange CICUREL (France/Belgique, 2020)

Elsa ZYLBERSTEIN, Ioni MATOS, Lucien JEAN BAPTISTE, Max BOUBLIL...

91 min.
29 juillet 2020
ADORABLES

Emma (Elsa Zylberstein), une psychologue saint-gilloise adepte d’une éducation douce basée sur l’écoute, est la maman de Lila (Ioni Matos), une jeune fille adorable. Enfin, elle l’était jusqu’à ce que frappe à la porte la crise de l’adolescence. Soudain il n’est plus question d’écoute, ou même de garder son calme : la guerre entre Emma et Lila commence.
Adorables est un miroir tendu vers le spectateur qui a été adolescent, et est, ou sera peut-être un jour parent. Si le film n’a rien d’innovant d’un point de vue de la mise en scène, il séduit par la justesse de ses acteurs et de son écriture. Les dialogues sont des phrases que nous avons déjà dites, ou entendues, qui résonnent en nous comme des souvenirs vécus.
Combien de fois, enfants, n’avons-nous pas murmuré dans notre chambre « je vous hais », ou encore espéré le moment venu devenir un parent « cool, pas comme notre mère » tout en répétant, plus tard dans la vie, les mêmes comportements, car au final vous et elles n’étiez pas différent(e)s : vous faites de votre mieux.
Le film est frais, et sans prétention autre que de nous rappeler que nous sommes tous des êtres humains, un peu comiques, un peu tragiques, et parfois cruels. Un parent n’est pas parfait, il est perfectible, et c’est pour ça qu’il est touchant.
Les acteurs ont tous été sélectionnés avec soin et collent parfaitement à la peau de leur personnage, avec mention spéciale pour Max Boublil, dont le sourire traverse littéralement l’écran, et Elsa Zylberstein, qui parvient à combiner élégance et drôlerie comme si les deux faisaient naturellement la paire.
Le film est un souffle de bonne humeur. Le spectateur, petit ou grand, sortira souriant de la salle obscure : une expérience à ne pas manquer, surtout en cette période sombre. Adorables ne révolutionnera pas le 7e art, mais par sa justesse, il parle directement à nos cœurs et nos zygomatiques. L’essence d’Adorables est dans l’affect qu’il procure, et que demander de plus à du cinéma ?
Avec ce second long-métrage, la réalisatrice belge Solange Cicurel montre une nouvelle fois qu’une étoile montante brille dans l’horizon (féminin) de notre cinéma.

(Aurélie Waeterinckx)